La diversité culturelle : quelles chances, quels défis ?

Le mardi 2 novembre 2021, SIETAR Suisse a organisé un débat sur le sujet de la diversité culturelle. Cet événement virtuel était animé par Pia Stalder et Anne-Claude Lambelet, avec la participation de Sabine Baerlocher (présidente de SIETAR Suisse), Benoit Théry (président de SIETAR France) et, entre autres, d’étudiant-e-s du cours Intercultural Communication and Management Competences (Département Haute Ecole de Gestion, HEIG-VD, HES-SO).

Dans le cadre de ce Café philosophique, plusieurs questions ont été soulevées, telles que :

  • Quels sont les enjeux de la diversité dans les sociétés aujourd’hui ? Enrichit-elle notre identité ou la déstabilise-t-elle ?
  • La diversité est-elle source de créativité et d’innovation ?
  • Comment « gérer » au mieux la cohabitation et la collaboration de personnes d’appartenances différentes ?
  • Quels rôles jouons-nous à titre personnel, professionnel ou associatif face aux enjeux de la diversité ?

Tout d’abord, nous avons fait le constat de « diverses diversités ». Les diversités, individuelles et collectives, peuvent se heurter à la peur, la peur d’être dépassé-e par l’autre (au sens large). En effet, l’inconnu peut faire peur ; toutefois, selon le concept africain « ubuntu », « je suis parce que tu es ». Autrement dit, sans l’autre, nous n’existons pas. Dans ce contexte, les travaux de Patrick Banon (spécialiste de la gestion des diversités dans le contexte entrepreneurial et au-delà) ont été mentionnés. P. Banon avance qu’un individu n’a pas d’identité sans les autres. Ce sont également les propos d’Antoine St. Exupéry qui ont été rappelés ici : « Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente ».

 

En effet, les diversités comportent des risques. Sans efforts et mesures d’inclusion, tant individuels que collectifs, les diversités risquent de nous déstabiliser et de nous diviser. Cependant, et paradoxalement, elles facilitent la création de terrains d’entente. Pour ce, la curiosité, l’intérêt et l’ouverture d’esprit sont nécessaires. Selon un des participants, « il ne faut pas juger l’autre ». Dans la même veine, il est mis en avant que « la culture de la diversité est un processus d’apprentissage qui ouvre l’esprit des individus ».

Un des enjeux majeurs est pourtant la communication. Communiquer, surtout en langue étrangère, est considéré comme un défi. Les « échanges risquent d’être moins riches, puisque la langue parlée n’est pas la langue maternelle de tous les participants ».

 

Dans ce débat, les participant-e-s ont considéré la diversité non seulement comme un fait, mais aussi comme une source de richesse : « le regard de chacun fait avancer les choses » et une « vision extérieure permet une meilleure compréhension des besoins ou des résolutions des problèmes rencontrés ». Toutefois, la diversité ne conduit pas « automatiquement » à la créativité : « la diversité est là, mais si nous ne faisons pas d’efforts, elle peut conduire au désordre ».

Ainsi, un des points clés en termes de « gestion » des diversités soulevé dans la discussion était la nécessité d’établir un bon équilibre entre « ordre » et « désordre ». Pour éviter le chaos, il faut, selon les participant-e-s, que les échanges entre les individus soient caractérisés par le questionnement, l’écoute, l’empathie ou encore la bienveillance pour vivre et travailler ensemble tout en dépassant nos préjugés. Dans ce contexte, il a été fait mention de l’ouvrage de Michel Sauquet et Martin Viélajus (L’intelligence interculturelle). Les auteurs déclinent le questionnement en trois postures : se questionner, questionner les autres, se laisser questionner.

 

Penser tous et toutes de la même façon sans prendre en compte la diversité amène à des solutions valables uniquement pour un groupe donné et risqueraient de ne pas inclure des solutions applicables à d’autres groupes. La diversité donne ainsi de nouvelles pistes puisque les enjeux sont tant individuels que collectifs. En ce sens, les politiques interculturelles de mises en dialogue des communautés sont considérées comme essentielles.

 

In fine, la diversité est un enjeu individuel et collectif. Chacune et chacun fait partie de la mosaïque sociale de ce monde, une « mosaïque sociale kaléidoscopique » qui ne doit cesser de stimuler nos réflexions sur nous-mêmes, sur les autres, sur nos façons de vivre et de travailler ensemble.

 

Des associations telles que SIETAR endossent définitivement un rôle important : celui de favoriser les rencontres et de cultiver le dialogue au-delà des frontières ; des frontières qui sont, à priori, imaginées et imaginaires.

 

A titre d’exemple, pour ce qui est de SIETAR Suisse, des programmes favorisant le mentorat entre étudiants (du pays et venant de l’étranger) ont été développés. Des collaborations avec SIETAR UK incluent également des programmes allant dans le même sens, et des collaborations avec SIETAR Allemagne visent l’intégration des migrants.

 

Un grand merci à tous les participants pour ce débat animé et enrichissant !

 

Pia Stalder, Anne-Claude Lambelet et Paula Nestea.

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